Les Terres de Laeria
Le monde des Terres de Laeria est un projet commencé il y a six ans ; il a été un excellent exercice de création d’un univers à plusieurs échelles, jusqu’à des détails précis sur des régions, voire des villes. J’ai également cherché à y mettre mes enseignements universitaires au service du worldbuilding. Ainsi, les formations géologiques comme les montagnes, l’emplacement des villes, le développement et la culture de chaque région correspondent d’avantage au monde réel que les autres univers sur lesquels j’ai pu travailler.
L’univers
Les Terres de Laeria rassemble plusieurs continents et entités politiques. On trouve parmi ceux-ci les Iles Pryor, qui fonctionnent comme une fédération de clans de marchands et sont inspirées des cultures scandinaves, et l’Ouravie, un empire conquérant expansionniste qui reprend les cultures et codes visuels d’Europe centrale et de l’ouest.
Toutes les cartes sont pensées d’après une vision intradiégétique : elles ont toutes été réalisées par la « Tour de Sacreville », qui rassemble une communauté de grands savants travaillant pour le compte de l’Empire d’Ouravie. En tant qu’empire à volonté expansionniste, l’Ouravie trouve de nombreux intérêts à connaître les territoires étrangers, à la manière des puissances européennes coloniales historiques. Ce détail implique un certain biais dans la manière dont les territoires sont représentés sur ces cartes : il ne s’agit pas d’une représentation objective, mais d’une vision déformée par une éducation, une culture et des opinions politiques imaginaires.
Selon la tradition ouravienne, les distances se mesurent en Volées (d’après l’aigle, symbole de l’empire ouravien comme de plusieurs empires historiques) : l’unité de base est la Volée Princière, qui correspond à un peu plus d’un 1.5 kilomètres. Sur la carte ci-dessus, les distances sont calculées en Volées Impériales ; une Volée Impériale correspond à un peu plus de 150 kilomètres.
L'ouest des Terres de laeria
Carte des Iles Pryor.
Les Iles Pryor sont un archipel situé au nord-ouest des Terres de Laeria. Les îles les plus habitées sont situées au sud de l’archipel, où le climat est moins rude. Le nord est presque désert et seulement habité par quelques tribus réduites. Les habitants des Iles Pryor sont connus pour leur sens du commerce et leurs aptitudes en navigation. Ils sont en conflit avec l’Empire d’Ouravie, leur voisin méridional : les implications de ce conflit sont développés plus bas.
Les toponymes présents sur la carte sont tous inspirés de l’islandais ou du norvégien. L’île de Sudureyja tire par exemple son nom de l’islandais pour « Ile du sud ». « Bla-Hofn » est une approximation de « Port bleu ». Les deux îles de Mane et de Sol tirent leur nom du norvégien pour « Lune » et « Soleil ».
Ces noms proviennent toujours d’une spécificité culturelle ou géographique. Ainsi, l’île de Sol présente un relief très escarpé, et des volcans rugissent en son centre. Bla-Hofn est une ville connue pour ses toits bleus. La rivière Hellig, située sur l’île de Konungseyja, signifie « la Sacrée » : la rivière est un lieu de pèlerinage pour de nombreux habitants de l’archipel.
Ce principe de donner un sens à la toponymie se retrouve dans l’ensemble de ce projet, et permet d’ajouter de la crédibilité au monde.
Carte de l’Empire d’Ouravie.
L’Empire d’Ouravie est une nation récemment unifiée, sous l’impulsion de la cité de Sacreville. L’Ouravie a pendant longtemps été sous l’emprise d’un empire d’Azoatlie, situé plus à l’est, avant que la cité ne se rebelle et chasse « l’occupant » grâce à son alliance avec la riche cité de Port-Oriague et ses mercenaires venus des quatre coins du monde. L’empire naissant a rencontré une lourde résistance au nord, contre le Royaume de Tolie. Sacreville et ses alliés ont finalement remporté la victoire et ont annexé le royaume à l’Empire. Après une grande politique d’unification de ses terres, l’empire tournent à présent ses ambitions vers les terres d’outre-mer.
L’histoire de l’Ouravie est largement inspiré de la Rome antique, d’abord soumise à un pouvoir étranger puis devenue puissance militaire inarrêtable et ambitieuse.
L’Ouravie est un continent très vaste, et les cultures qui s’y trouvent sont multiples. Tout comme pour les Iles Pryor, chaque toponyme renvoie à une signification culturelle ou géographique. Le nord abrite des cultures semblables aux cultures germaniques historiques, avec des noms tirés de l’allemand et du danois, tandis que le centre et le sud rassemble une culture proche du sud de la France médiévale. La présence de toponymes danois au nord est faite pour mettre en avant la proximité culturelle des habitants du nord de l’Ouravie et du sud des Iles Pryor.
La côte de l'Aquilon
Carte de la Côte de l’Aquilon.
Cette carte présente une région du nord de l’Ouravie, proche des Iles Pryor. Dans le cadre du conflit entre les deux puissances, la Côte de l’Aquilon est un bon exemple de la diversité des origines des habitants de l’Empire. Les villes côtières sont peuplées en partie de Pryoriens, qui marchandent sur les mers. La guerre a entraîné l’interdiction du commerce, provoquant la colère des habitants qui jettent la faute sur les Pryoriens expatriés. Ces derniers continuent à traiter avec leurs cousins du nord, créant ainsi un réseau de contrebande.
Les cas diffèrent selon la ville : Seiteburg étant le chef-lieu de la région, les forces militaires sont très présentes et rendent la vie de la population locale difficile ; les pryoriens de la ville sont persécutés. A Nordlige, les deux communautés parviennent toujours à s’entendre ; la contrebande y est également très active, puisque la guerre a amené la majorité des services de sécurité de la ville à partir pour rejoindre les forces militaires.
Là encore, les toponymes ont leur importance : « Jaegerhytte » se rapproche de l’Allemand pour « cabane du chasseur », puisque la ville se trouve au sein d’une forêt. Le nom même de la région fait référence à l’aquilon, un vent froid, souvent orageux soufflant du nord vers le sud.
L’échelle de la carte permet de développer plus en détail les activités locales, comme les ressources produites ou les légendes populaires. Les villes côtières s’adonnent à la chasse à la baleine et en tirent beaucoup de bénéfices, ainsi qu’une réputation qui dépasse les frontières de la région. Le port d’Afgrundburg accueille une partie de la flotte ouravienne mobilisée pour la guerre. Le bois extrait à Jaegerhytte sert à l’entretien des navires.
Tous les détails sur cette région sont consultables ici.
Plan de Seiteburg.
Seiteburg est le chef-lieu de la Côte de l’Aquilon. Le quartier de l’Orage est un quartier pauvre, situé près du port et du quartier du Harpon, situé à l’extérieur de la ville. Le quartier du Harpon abrite les nombreux entrepôts où sont gardés les produits de la pêche et de la chasse à la baleine ; on y trouve également de nombreux fours permettant d’extraire la précieuse huile de baleine qui a fait la réputation de la ville. Ces fours produisent une épaisse fumée noire quise propage souvent sur le quartier de l’Orage. Enfin, le Haut-Quartier des Pins abrite l’élite de la ville : positionnée en hauteur et protégée par d’autres murs, le quartier est à l’abri à la fois des troubles de la ville et des émanations du port.
Au centre de la ville se trouve le Grand Marché de l’Aquilon, d’ordinaire peuplé de pryoriens et d’ouraviens venus vendre leurs marchandises, mais très silencieux dans cette période de conflit. Au milieu de ce marché se dresse le Centre de la Baleine, la chambre du commerce de la ville.
Cette ville est pensée pour représenter l’ensemble des idées qui définissent la Côte de l’Aquilon : commerce, cosmopolitisme et troubles de la guerre. Le plan illustre comment la ville est reliée au reste du monde, notamment grâce au nom des Portes.
